Mettre en avant les récits de migration : retour sur la projection-débat du film « Sankofas » au Musée du Quai Branly du 16 avril 2026

Organisée dans le cadre du projet « ODDyssée, les migrations font bouger le monde », cofinancé par l’Agence Française de Développement, cette soirée, co-organisée avec le Musée du Quai Branly, a permis de réunir près de 100 personnes venues pour écouter et échanger, à la recherche d’une compréhension véritablement humaine des parcours de migration.

La projection du film « Sankofas » a ému la salle. Dans la culture Akan d’Afrique de l’Ouest, le Sankofa est un oiseau qui avance en gardant la tête tournée en arrière. Il incarne l’importance de regarder le passé afin d’en tirer des enseignements pour aller de l’avant. Il souligne l’importance de la mémoire, de l’histoire et des traditions pour façonner l’avenir. Ce documentaire de Camille Saiseau produit par le Grdr donne la parole à des personnes ayant vécu une expérience migratoire qui nous expliquent ce qui les a poussées à partir, le trajet, les choix qu’il a fallu faire, l’intégration, les solidarités qu’elles ont croisées…

Pour ce documentaire, Camille Saisseau, a choisi de donner la parole à 25 hommes et femmes ayant traversé une expérience migratoire entre l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et la France. Le film retrace leurs motivations, leurs itinéraires, les solidarités rencontrées, les obstacles traversés (qui testent la force des rêves) et la manière dont ils reconstruisent leur vie dans un nouvel environnement. L’immigration, c’est des milliers, des millions d’histoires individuelles différentes, des belles histoires mais aussi des drames et des échecs. Quatre des personnes interviewées étaient présentes, soulignant que ce film les avait aidés à parler à cœur ouvert : « Pour que le regard des autres sur nous change, on doit changer notre perception de nous-mêmes »

© Olivier LE MASSON – Grdr

La soirée a donné ensuite l’occasion de prendre contact avec trois initiateurs de programmes consacrées aux récits des migrations et de débattre de la manière de mieux les rendre visibles et audibles dans l’espace public.

Plusieurs témoignages soulignent l’utilité de ces récits pour créer un dialogue entre générations au sein des familles, où les seniors ne se confient pas aisément sur leurs parcours, comme pour informer des acteurs de services sociaux ou scolaires pour écouter les parcours de vie qu’ils n’ont pas toujours le temps d’entendre dans leur activité. « Il faut encourager ce genre d’initiatives ». « Ce genre d’évènement du Grdr permet de progresser »

Audrey Lenoël, chercheuse associée à l’Institut Convergences Migration partage également son expérience des récits tout en soulignant que les travaux d’étude statistique et économique étaient par ailleurs indispensables pour contrer les discours erronés qui dominent malheureusement les débats en France sur les migrations.

© Olivier LE MASSON – Grdr

Une soirée vraiment très riche, très humaine, donnant corps à l’engagement du Grdr de mettre en valeur les doubles espaces de vie des personnes dont les vies sont ancrées dans plusieurs territoires.

Le film « Sankofas » est produit par le Grdr dans le cadre du programme « Opportunities » financé par l’Union européenne. Le Grdr y a pris sa part aux côtés de 13 partenaires, universités et ONG, actifs dans 7 pays européens  et 3 pays africains. 

Agir contre la discrimination : retour sur la journée organisée par le Grdr du 21 mars 2026 à Lille

Chaque année, le 21 mars, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée.

Selon la Convention internationale, la discrimination raciale désigne toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique. Elle a pour but ou pour effet de limiter la reconnaissance et l’exercice, dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Malheureusement, la discrimination raciale est encore présente dans la plupart des sociétés.

Les personnes d’origine étrangère sont plus exposées au chômage, à la précarité sociale et à un état de santé plus dégradé. Les études officielles et de nombreux rapports publics confirment l’ampleur de ces discriminations dans la société française.

Selon le Défenseur des droits, Enquête sur les discriminations dans l’accès au logement, 2017 « les individus portant un nom à consonance arabe ou africaine ont respectivement 27 % et 31 % de probabilités en moins d’obtenir une première rencontre avec un bailleur privé. »

Selon le Défenseur des droits (2025) « 39 % des personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines déclarent avoir été contrôlées au moins une fois au cours des cinq dernières années, contre 23 % des personnes perçues comme exclusivement blanches. »

« Selon l’Insee, les immigrés sont moins présents dans la fonctio publique : 6 % des immigrés en emploi y travaillent, contre 13 % pour l’ensemble de la population. ». Depuis 2002, le Conseil économique et social (CESE) a noté que de nombreux jeunes issus de l’immigration étaient exclus des divers domaines d’intégration sociale, économique et culturelle.

Les conséquences du racisme sur la santé mentale et physique sont profondes : isolement, anxiété, dépression… Les préjugés raciaux peuvent également influencer la prise en charge médicale, conduisant parfois à des pratiques discriminatoires, comme le soi-disant « syndrome méditerranéen », est un préjugé raciste qui suppose que les individus d’origine étrangère, notamment les femmes noires et arabes, sont enclins à amplifier ou feindre la douleur et les symptômes qu’ils éprouvent.

Face à l’ampleur de ce problème, le Grdr Hauts-de-France réaffirme son engagement dans la lutte contre le racisme et la xénophobie sous toutes leurs formes. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le Grdr, en partenariat avec Le café Moulinette basé à Lille, a mis en place le 21 mars 2026 à Lille une série d’ateliers et d’activités interactives. L’objectif de ces activités étaient de renforcer le vivre-ensemble et freiner la montée des comportements discriminatoires.

Le déroulé de la journée

  • Matin : Atelier-quiz « Préjugé ? Stéréotype ? Discrimination ? »

Nous avons proposé une animation autour des notions clés liées à la discrimination. Si ce terme est largement utilisé, les différences entre stéréotypes, préjugés et discriminations restent souvent floues. L’objectif était donc d’en donner des définitions simples et accessibles, afin de mieux les identifier dans la vie quotidienne et de favoriser une prise de recul sur nos propres représentations.

En parallèle, des ordinateurs étaient mis à disposition d’autres participants pour découvrir le serious game D²IMIG. Ce jeu en ligne permet de mieux comprendre les réalités migratoires et de déconstruire certaines idées reçues. Les participants y incarnent un personnage, prennent des décisions et découvrent les conséquences de leurs choix.

👉 Découvrir le serious game : https://lesmigrationsfontbougerlemonde.com/ateliers-oddyssee/serious-game/

  • Après-midi : Participa City

L’après-midi s’est poursuivie avec un exercice de simulation visant à identifier les micro-agressions et les discriminations raciales du quotidien. Les participants ont incarné différents rôles, se retrouvant tour à tour en position de subir ou d’exercer des discriminations. Cette mise en situation leur a permis de mieux comprendre les mécanismes du racisme et de réfléchir à leur rôle en tant qu’acteurs d’une société plus inclusive.

👉 En savoir plus sur le projet : https://participa-city.eu/

Création des outils de suivi-évaluation (S&E) du projet MEETT 

MEETT, qu’est ce que c’est? 

Le Grdr, aux côtés de quatre acteurs européens, se rassemblent autour d’un objectif de structuration et d’harmonisation de nos pratiques en matière de suivi-évaluation des effets de l’éducation aux migrations. Nous travaillons à développer des outils de suivi et d’évaluation (S&E) adaptés aux différents contextes et typologies d’actions en matière d’éducation aux migrations afin de démontrer, grâce à de nombreux autres acteurs éducatifs et/ou culturels mobilisés avec nous, nos impacts tangibles sur la cohésion sociale.

Se former collectivement aux enjeux et méthodes du suivi-évaluation et de la mesure d’impact. Un processus collectif complexe qui permet d’aboutir à des premières expérimentations. 

Comment évaluer ce que l’on cherche à transformer ? C’est la question à laquelle les partenaires du projet MEETT ont commencé à répondre collectivement en 2025.

En début d’année 2025, le consortium d’acteurs européens engagés dans le projet – e-graine (FR), GRDR (FR), Asinitas (IT), Medeber Teatro (MET) et eACNUR (ES) – a posé – ce qui depuis est et sera – l’objectif commun et fondamental poursuivi au travers de nos projets d’éducation aux migrations : 

“L’éducation aux migrations vise à créer de nouveaux récits et favoriser le dialogue sur les migrations par le développement de communautés perméables.”.

À partir de là, l’enjeu partagé était de pouvoir concevoir des outils capables d’évaluer ce que nous cherchons réellement à transformer. Pour y répondre, les partenaires du consortium ont suivi une formation sur le suivi-évaluation, animée par Valérie Darnaudet, experte en S&E. L’objectif : acquérir un socle commun de connaissances sur les définitions, enjeux, méthodes et outils.

Cette étape a permis de poser un socle commun et d’arriver à une lecture partagée de nos impacts — condition indispensable pour agir collectivement  Le travail qui a suivi nous a permis de valider les catégories d’effets, effets et sous-effets que nous souhaitons observer et évaluer, ce qui constitue une première étape majeure : elle reflète notre capacité à construire une approche partagée, malgré la diversité des actions, publics et contextes d’intervention.

Une rencontre transnationale favorisant l’idéation d’un kit d’outils de S&E

La rencontre transnationale organisée à Rome en septembre a permis de structurer ces premières avancées. Les partenaires se sont accordés sur les bases d’un cadre commun de suivi et d’évaluation, en lien avec les objectifs de transformation sociale du projet. 

Un consensus fort a rapidement émergé : plutôt que de créer un outil unique, nous avons plutôt choisi de développer une mallette d’outils de S&E, plus adaptée à la diversité des effets à suivre et des contextes d’action de chacune des organisations partenaires. Cinq idées d’outils ont commencé à voir le jour et être testées auprès de volontaires du Service Civique de l’association accueillante Asinitas, permettant la création des premiers brouillons.

La conception s’est faite par itérations, avec de nombreux échanges entre partenaires pour préciser les usages et les consignes.

Des intentions et scénarios pédagogiques à une mallette d’outils à l’identitée visuelle affirmée :  la parole à Capucine

En parallèle, un travail de qualité a été engagé avec Capucine Barbaud (@caps.illustration), illustratrice engagée pour l’Humain et la Nature – responsable de proposer des supports ergonomiques, esthétiques et durables, afin que nos outils soient accessibles, intuitifs et facilement mobilisables par nous et nos communautés de pratique.

Capucine accompagne des structures alignées sur ses valeurs : associations, entreprises ESUS ou écoles porteuses de projets à impact. Elle partage ici son expérience de création pour le projet MEETT.

Merci à elle de s’être prêtée au jeu de cet interview ! 

Quelle a été ta motivation pour travailler sur le projet MEETT ? 

“J’ai tout de suite été enthousiaste à l’idée de collaborer avec e-graine sur le projet MEETT, qui s’inscrivait pleinement dans ma pratique : concevoir des outils graphiques à fort impact, accessibles à tou·tes, au service d’une démarche collective et coopérative.
Cette mallette de suivi-évaluation autour des migrations et de la cohésion sociale rejoignait mon intérêt pour les dispositifs pédagogiques engagés, à la croisée du graphisme, de la transmission et de l’éducation populaire.”

Quel a été ton chemin de création? 

“Ma démarche repose sur une création collaborative impliquant des sessions de travail partagées pour co-construire la mallette MEETT.
Nous avons d’abord mené une session d’idéation avec l’équipe d’E-Graine pour clarifier les usages et contraintes des outils. J’ai proposé des premières pistes graphiques et techniques, pensées pour être accessibles et à faible impact environnemental. (…) Forte de mon expérience dans le secteur adapté et de mon vécu personnel autour du handicap, j’ai veillé à faire de l’accessibilité un pilier du projet, aussi bien dans les outils que dans la méthode de travail. Les choix graphiques et éditoriaux visent un langage commun, souple et modulaire, permettant des adaptations locales selon les contextes et publics.”

Comment se passe l’expérience? 

“Sur le plan humain, je suis très heureuse de faire équipe avec Roxane et Coline d’e-graine et les autres partenaires,, avec qui je partage des valeurs communes, une vraie écoute, une adaptabilité mutuelle et une confiance réciproque dans nos compétences.

Sur le plan du projet, c’est un vrai challenge : un dispositif complexe, avec beaucoup d’éléments et des outils ayant chacun leur caractère et leur fonctionnement, ce qui n’a pas été simple à harmoniser graphiquement au départ.
Aujourd’hui, les outils sont en phase de test, dans une version encore « brouillon » mais presque finalisée, et j’ai hâte de les finaliser… et peut-être même de les tester en réel.”

Merci à Capucine pour la qualité de son travail et ses propositions graphiques toujours très pertinentes, alignées et en phase avec les valeurs du projet.

Une expérimentation en cours permettant d’évaluer la pertinence et le fonctionnement de nos outils. 

Les outils sont actuellement en phase de test grâce à la mobilisation de communautés de pratiques européennes dans chacun des pays partenaires du projet. 

Cette phase va permettre de récolter des observations et recommandations sur leurs usages au réel et de tirer une analyse des premiers résultats récoltés afin de retravailler  les outils et les finaliser dans une perspective de diffusion (prévue à l’été 2027).

Pour accompagner cette étape, une formation a été organisée pour toutes les organisations membres des CPN, afin qu’ils et elles s’approprient les outils et contribuent activement à l’expérimentation. 

Mais n’allons pas trop vite! Nous vous en dirons plus dans un prochain article !

Financé par l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA). Ni l’Union européenne ni l’EACEA ne sauraient en être tenues pour responsables.

Le Grdr s’équipe d’un nouvel outil pédagogique innovant pour comprendre les interactions entre climat et migrations.

Dans un contexte marqué par une attention croissante portée aux enjeux liés aux migrations, le Grdr continue son engagement à former et à sensibiliser des publics divers à la déconstruction des idées reçues sur les migrations ainsi qu’à valoriser les migrations comme levier de développement durable.

Dans la nouvelle phase du projet (2024-2027), l’objectif était de développer un outil innovant afin de sensibiliser aux enjeux climatiques en lien avec les migrations. Dans ce cadre, l’équipe ODDyssée propose un outil pédagogique interactif permettant de mieux comprendre les liens entre changements climatiques et mobilités humaines. Les personnes participantes sont invitées à prendre part à une simulation de cellule de crise interministérielle, à incarner différents rôles et à réfléchir collectivement à des solutions face à l’urgence climatique, notamment grâce à la fresque du climat et des migrations.

Objectifs pédagogiques de l’outil :

  • Comprendre les liens entre changements climatiques et migrations
  • Identifier les facteurs des migrations climatiques
  • Sensibiliser aux enjeux juridiques liés aux migrations climatiques
  • Déconstruire les préjugés sur les migrations climatiques

Le Grdr met également en lumière ce travail dans un article publié dans la revue Mondes & Migrations (numéro 1351, 2025), qui s’inscrit dans la thématique climat et migration. Cet article présente le projet ODDyssée et l’outil « L’ODDyssée du climat et des migrations », afin de partager ses objectifs et les enjeux pédagogiques qu’il soulève.

Retrouvez l’article complet ici : L’ODDyssée du climat et des migrations

L’outil « L’ODDyssée du climat et des migrations » bénéficie également d’une belle visibilité dans l’exposition « Migrations et climat, comment habiter notre monde ? », présentée au Palais de la Porte Dorée à Paris du 15 octobre 2025 au 5 avril 2026, dans l’espace médiation dédié à l’engagement.